Lindsay, l'étudiante en quête de sens
Elle voulait ouvrir son horizon plutôt que de le laisser fermé comme c’est
le cas de ses camarades de classes. Si jeunes, ils pensent déjà avoir raté leur
vie, simplement parce qu’ils sont en technique de qualification.
Elle décide alors d’aller à l’Université, pour se prouver qu’elle en est
capable et pour faire plaisir à son papa. Elle s’oriente vers la Sociologie et
l’Anthropologie pour comprendre le monde dans lequel on vit et ainsi en faire
des critiques constructives et « à propos ».
Le cursus qui la tente est à Louvain-La-Neuve, elle vit à Mons, elle
s’engage alors dans un kot à projets. Le kot permet de refonder une nouvelle
famille, de faire d’importants apprentissages de la vie, cela permet d’évoluer,
de gagner en maturité.
Dès le début de l’année académique, Lindsay s’est mis beaucoup de pression
pour se prouver ses capacités à réussir les examens, elle était très concentrée
sur les cours, et tout le travail qu’ils supposent. Heureusement les résultats
étaient au rendez-vous, elle en fut très fière.
Cela l’a déconstruite sur plein de sujets. Cela fait naître en elle l’envie
d’être inspirante en tant que personne. Ce qui ne l’empêchera pas d’étudier
pour devenir institutrice plus tard.
Cette première année d’université est à la fois la plus heureuse et la plus
étrange de sa vie. Lindsay se rend compte qu’elle avait une relation très
fusionnelle avec sa maman, cette nouvelle distance permet d’assainir la
relation.
Un exemple de ce qui n’était pas réellement sain dans leur relation,
Lindsay a quitté son petit ami mais Laetitia, sa maman, insistait plutôt pour
qu’ils fassent une thérapie pour rester ensemble.
Lindsay précise qu’elle n’avait jamais perçu de façon négative sa relation
avec sa maman, c’est uniquement en prenant du recul qu’elle a pris conscience
de certains aspects à réajuster.
Laetitia trouve qu’elle ne voit plus assez souvent sa fille, elle lui
manque, et en même temps, elle la soutient totalement dans ses choix de vie et
se fait à l’idée que Lindsay grandit. En moyenne, Lindsay passe 3 weekends par
mois avec ses parents, son frère, leur chien et leur chat.
La dynamique familiale a totalement changé, auparavant, Laetitia, Lindsay
et Nathan formait un trio qui partageait de nombreuses activités de loisir et
le papa restait dans son coin. Maintenant chacun est de son côté, Lindsay dans
ses études, Laetitia dans son travail, Pepe dans son travail et ses études et
Nathan dans sa chambre et ses études.
Lindsay était le liant de l’ancien trio, en son absence, il s’est
désagrégé. Ainsi va la vie.
Papa et Maman ont peur que Lindsay ne revienne pas à la maison ou à
proximité une fois qu’elle aura terminé ses études. Ils sont fiers de son
indépendance et en même temps, ils apprécient énormément sa présence.
Pour le moment, la chambre de Lindsay dans la maison familiale est en
travaux et ses parents le vivent mal.
Pour cette première année académique, Lindsay était dans un kot à projet
centré sur le cirque. Pour l’année prochaine, elle change de kot, par
curiosité.
Le kot circo était une environnement sain et bienveillant au début, au fil
du temps elle s’est rendu compte que le groupe est très perfectionniste, pas
assez détendu, trop sérieux. A force de travailler non-stop, le plaisir est
parti, Lindsay a traversé une période en totale perte de sens. Elle s’en est
rendu compte après les examens de janvier. L’écart d’âge entre les habitants du
kot était aussi assez conséquent, Lindsay est la plus jeune avec ses 18 ans, le
plus âgé a 23 ans. Avec un peu de recul, elle a pris conscience qu’on lui a
donné et qu’elle a accepté le rôle de l’enfant du groupe et elle souhaite
sortir de cette posture.
C’est pour cela qu’elle change de kot à projet car c’est très difficile de
changer de place dans un groupe, c’est plus facile de changer de groupe et de
se trouver une autre place dans le nouveau groupe.
Elle s’est beaucoup attachée à ses co-koteurs, elle les garde bien sûr en
tant qu’amis mais sans continuer à vivre ensemble.
Le nouveau kot s’inscrit dans le projet OASIS, axé sur la simplicité
volontaire, par exemple toute la nourriture est mise en commun, sauf ce sur
quoi on écrit son nom. Les vêtements sont partagés, ils récupèrent les invendus
des grandes surfaces pour s’en faire un banquet tous ensemble.
Afin de lutter contre l’éco-anxiété, le but est d’en revenir à
l’essentiel : prendre un thé en discutant, en refaisant le monde.
Lindsay a décidé de participer à un acte de désobéissance civile : une
manifestation dans une usine traitant le pétrole, ils ont empêché les
travailleurs de faire fonctionner l’usine pendant deux jours. C’est un groupe
très déconstruit et bienveillant.
L’association qui a organisé la manifestation’est un
groupe pacifiste très bien organisé, qui forme les personnes qui veulent
participer aux manifestations afin que tout se passe bien.
Certains ont pour rôle de s’adresser à la police, aux journalistes,
d’autres de veiller sur le groupe, sur sa santé physique et mentale. Ils sont
organisés par groupes de 8 et à l’intérieur du groupe, on fonctionne
constamment avec son binôme, pour rester en sécurité. Chaque groupe de 8 prend
des décisions à l’unanimité, arrêter ou continuer, poser telle action ou telle
autre.
Le plus gros risque encouru pour cette action pacifiste bien spécifique étant
de passer 24h au cachot, Lindsay a évalué que le jeu en valait la chandelle.
Cela plait à Lindsay d’être en compagnie de gens engagés qui ont des
convictions et qui agissent en accord avec elles, pour tenter d’améliorer le
monde dans lequel nous vivons.
Faire partie d’une association lui permet de retrouver du sens, elle
faisait déjà partie de plusieurs mouvements militants, mais elle avait besoin
que sa réflexion mène à des actions congruentes.
Lindsay a envie de devenir une personne inspirante qui incarne ses valeurs
avec cohérence. Par exemple, en boycottant les marques qui n’ont pas d’éthique
au profit d’autres qui en ont une solide.
Lindsay pense que se plaindre de l’état du monde est loin d’être suffisant,
l’important est d’agir pour faire partie de la solution et pas du problème.
Par exemple, elle a changé de banque et dans son quotidien, elle fait des
choix plus conscients.
Elle sait que le changement devrait être collectif, mais quand chacun fait
des choix personnels qui sont en accord avec ses valeurs, l’effort produit
devient collectif. Attendre que les autres se bougent est illusoire.
Le but est d’aller à contre-courant de la surproductivité, nous sommes nés
dans ce problème et il est difficile d’en sortir. Cela ne peut être qu’un choix
conscient.
L’important pour Lindsay est d’être en accord avec elle-même, de chercher
l’équilibre, il n’est pas toujours évident de mesurer les conséquences de nos
choix.
Rester avec des gens qui ont des valeurs semblables a aussi un côté un peu
sectaire. C’est encore un équilibre à trouver, d’un côté c’est rassurant d’être
avec des personnes qui nous comprennent et de l’autre cela éloigne de ceux qui
ont d’autres idées et qui sont parfois des proches de longue date.
Pour la prochaine année académique, Lindsay aura comme job étudiant d’être
une ambassadrice de l’université. Elle est payée pour accueillir les étudiants
de sciences sociales, politiques, économiques et de communication et pour
représenter l’université.
Après ses 3 années de bachelier, elle aimerait faire une pause dans ses
études pour passer une année dans une petite ville de Colombie appelée CALI
afin de maitriser l’espagnol et de s’immerger dans une autre culture, avec
toujours cette idée de mieux comprendre le monde. Elle commence à mettre de
l’argent de côté pour ce projet. Elle envisage de vivre aussi en colocation à
Cali, car elle part seule, et de suivre des cours plus artistiques, de
l’artisanat. Il s’agit d’une ville touristique, mais pas trop. Elle n’aura pas
l’autorisation de travailler sur place, ce pourquoi elle doit avoir
suffisamment d’économies avant son départ.
A son retour de Colombie, elle veut poursuivre en Master et après trouver
un poste en rapport avec son diplôme et ses compétences.
Comme rien n’est laissé au hasard, le kot OASIS axé sur la simplicité
volontaire permet de manger pour pas cher. En plus de récupérer les invendus,
ils achètent des légumes de saison chez FARM, ils sont bon marché. Chacun
cuisine une fois par semaine pour tout le groupe, donc chacun s’investit pour
proposer un bon repas aux autres avec qui il vit parce qu’ils s’apprécient les
uns les autres.
Avec le recul, Lindsay a réalisé que c’est son perfectionnisme pour ses
cours et son investissement dans les activités de cirque du kot qui faisaient
constamment passer son petit ami au second plan, au premier quadrimestre. A
force d’évoluer de son côté et de ne plus partager grand-chose, ils se sont
retrouvés en grand décalage.
Au 2e quadrimestre, elle s’est octroyé plus de sorties, a
consacré plus de temps à l’amitié avec des étudiants de son bachelier, pour
créer des liens, elle a participé à diverses activités. Elle a néanmoins bien
réussi ses examens de fin d’année. Elle a continué à assister à tous les cours
mais a trouvé un meilleur équilibre en passant moins de temps au cirque car
elle n’y éprouvait plus vraiment de plaisir vu qu’elle en avait fait trop
précédemment.
C’est en participant au Festival la SEMO cet été qu’elle a retrouvé le goût
pour le cirque, la pause a été bienvenue et a apporté du positif.
Pour ce qui est de sa vie sentimentale, elle se sent plus cohérente avec
elle-même en se définissant comme polyamoureuse, elle ne souhaite pas pour le
moment se conformer au modèle classique. Elle n’a pas non plus envie de
« coup d’un soir ». Elle a appris à dire non à ce qui ne lui convient
pas parce que maintenant, elle sait ce qu’elle veut. La communication est
meilleure.
Cette nouvelle année académique s’annonce enrichissante, Lindsay a de beaux
projets à préparer qui l’enthousiasment.

Son vécu est intéressant mais j’aurais aimé qu’il soit écrit à la première personne le récit aurait pour moi gagné en action
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