Un ingénieur devenu enseignant et commercial, et maintenant equicoach !

 

Après tes études d’ingénieur tu es devenu professeur de mathématique et commercial pour de grandes entreprises, qu’est-ce qui t’a amené à te former au coaching ?

 

J’ai suivi une première formation en coaching à la B.A.O. à Bruxelles pour mieux comprendre l’humain.

En tant que professeur de mathématiques, je voulais que mes élèves réussissent en étant heureux et en ayant confiance en eux.

En tant que commercial, je voulais que mes clients soient heureux avec leur achat et réaliser de bonnes ventes.

Dans les deux cas, il était primordial de comprendre l’humain que j’avais en face de moi, d’une part pour l’amener à modifier son comportement pour parvenir à la réussite scolaire ; d’autre part pour l’aider à s’autoriser à se faire plaisir et acheter ce qu’il voulait vraiment.

 

Quand j’ai entamé ma carrière d’enseignant, j’avais la croyance selon laquelle « on n’a rien sans rien » et celle selon laquelle : « j’ai eu dur, mes élèves doivent avoir dur ».  J’étais aussi boxeur, selon moi et cette idée était encouragée par mes collègues, il fallait être dur avec les élèves  pour qu’ils deviennent dociles et travailleurs.

 

C’est pour obtenir de meilleurs résultats tant avec mes élèves qu’avec mes clients que j’ai commencé à me former au coaching.

Lors de ma première formation, j’ai compris qu’en étant à l’écoute des élèves, en leur manifestant de l’empathie, en leur donnant confiance en eux, en adaptant ma communication aux différents profils d’élèves, non seulement ils réussissaient mieux mais en plus le taux de présence à mes cours a augmenté jusqu’à atteindre 100 %.

Certains de mes collègues enseignants approuvaient mon changement de méthode, d’autres pas, car ma nouvelle façon de faire remettait leurs croyances pédagogiques en question.

Je me sentais plus aligné avec cette nouvelle façon d’enseigner et petit à petit cela m’a amené à adoucir ma relation à moi-même.

 

En tant que commercial, je comprenais mieux mes clients et mes patrons me mettaient toujours la pression pour atteindre des résultats de vente. A cette époque mes collègues me surnommaient l’Apache ou le chasseur de tête car l’argent était à mes yeux plus important que l’humain.

J’avais une éthique personnelle qui m’autorisait à vendre des produits de lux à ceux qui en avaient les moyens pour autant que j’étais convaincu de vendre des produits de qualité.

A cette époque, je gagnais suffisamment bien ma vie pour offrir un cheval à ma maman dont c’était le rêve. Je lui offrais également tous les soins et l’entretien du cheval. C’est ainsi qu’Elvis est entré dans nos vies. Au départ, le marchand ne voulait pas nous le vendre car il était squelettique. Grâce aux excellents soins de ma maman tant matériels qu’émotionnels, il s’est rétabli. C’était un hongre qui arrivait du Portugal.

Ma maman a vraiment un don pour soigner, aimer et éduquer les animaux, elle a une intelligence animalière exceptionnelle. C’est une sagesse dont elle me fait profiter.

Pour illustrer le don de ma maman, je peux aussi raconter l’histoire de sa chienne malinoise, qu’elle a recueillie alors que tout le monde voulait l’euthanasier parce que trop dangereuse. Elle avait été battue par un humain quand elle était très jeune. A force d’amour et de patience, ma maman est parvenue à l’éduquer, elle a compris qu’elle pouvait nous faire confiance et elle nous obéissait et était devenue chaleureuse avec nous.

J’ai continué à me former à différentes techniques de coaching et j’ai commencé à recevoir mes premiers clients comme coach.

Un jeudi soir à 17h, un client de coaching m’appelle en me disant qu’il a besoin de me voir de toute urgence. Ce jour-là, je devais aussi sortir Elvis du box car ma maman ne pouvait pas s’en occuper. Il se fait donc que je me retrouve avec mon client sur la piste avec Elvis aux alentours.

Mon client m’explique qu’il est là parce qu’il a besoin d’aide pour décider s’il doit divorcer ou non. Je lui demande ce qui l’amène à vouloir divorcer, il me répond dans un langage grossier que son épouse est maltraitante. A ces mots, Elvis vient s’en prendre physiquement à mon client, il le maltraite. J’agis alors immédiatement pour mettre mon client en sécurité et je ne me fâche pas sur le cheval. Mon client pleure. J’ai l’intuition de lui demander : « Qu’est-ce que cela fait avec toi que le cheval te maltraite ? »

Mon client avoue alors que c’est lui qui maltraite sa femme et non l’inverse. Il sort du déni. Je lui demande s’il est d’accord de poursuivre les séances avec moi pour apprendre à cesser de maltraiter sa femme. Il téléphone à sa femme pour lui demander si elle est d’accord de nous voir à trois. Nous avons posé un cadre et elle est d’accord de patienter le temps que j’aide son mari à mieux se comporter.

Aujourd’hui, des années plus tard, ils sont toujours ensemble et après quelques séances, mon client a totalement cessé de maltraiter sa femme. 

A l’époque où je commençais à recevoir mes premiers clients comme coach, j’ai commencé à souffrir d’inflammations musculaires, ma prise de sang a révélé des facteurs positifs à la myasthénie. Une partie de mon corps se paralysait.

Grâce aux chevaux et à mes premiers clients, je commençais à comprendre que j’avais à travailler mes dynamiques de toute puissance.

Je voulais me former au coaching avec les chevaux mais je ne trouvais que des formations à l’hippothérapie. Un beau jour une collègue me parle d’une formation en equicoaching et me demande de l’accompagner à une séance d’information pour que je négocie pour elle le prix de la formation. J’accepte. Durant la journée d’information, je me porte volontaire le matin et l’après-midi pour être coaché avec les chevaux. A cette époque, cela faisait 5 ans que je n’étais plus en contact avec mon père. Pendant le coaching, mon téléphone est resté au vestiaire, les chevaux révèlent qu’il est important pour mon équilibre que je renoue le contact avec mon papa. En retrouvant mon téléphone après la séance, je reçois justement un message de mon papa qui me propose de le voir.

J’en suis très ému, j’en parle à l’équicoach, Henk et je décide de me former à l’équicoaching avec lui et son épouse Veerle à Hotton. Ma collègue que j’avais accompagnée là ne s’inscrira pas à cette formation. Elle viendra bien plus tard se former chez moi.

Je poursuis mes formations pour avoir différents outils à ma disposition : la cohérence somato-psychique avec Fabrice Charles.

Je valide également une formation en systémique et une autre à l’accompagnement des traumatismes.

Je travaille beaucoup comme professeur de mathématiques, comme commercial et comme coach.

Quand je suivais une formation au coaching, j’étais toujours l’élève volontaire qui coachait les autres.

Dans ma pratique de coach, j’attirais les clients qui étaient miroirs de ce que j’avais à travailler chez moi. Après chaque séance avec un client, je faisais mon auto-analyse, j’avais cette lucidité et cette honnêteté de voir ce que j’avais à travailler chez moi. Parfois je travaillais sur moi avec l’aide des chevaux. Parfois je travaillais sur moi en demandant la supervision d’un autre coach soit chez qui je m’étais formé, soit que j’avais rencontré autrement. J’ai quelques personnes-clés avec qui nous nous échangeons des supervisions quand c’est nécessaire, notamment mon ami Brieu Simon.

En me formant à l’equicoaching à Hotton, et en coachant avec Elvis j’avais de plus en plus envie de coacher avec les chevaux.

Pour le faire dans de bonnes conditions, j’ai donc acheté la maison que j’occupe toujours avec les espaces autour. Ma maman vient m’aider à prendre soin des chevaux quotidiennement. Nous avons aménagé boxes et pistes et quand Elvis est venu s’y installer, il allait y être seul, nous souhaitions qu’il ait de la compagnie. C’est à ce moment-là que la maréchale nous a offert Molly.

Molly est une ancienne championne, elle a remporté des concours et ses bonnes origines l’ont amenée à avoir plusieurs poulains. Lors de son dernier accouchement, une déchirure vaginale importante lui a interdit de pouliner à nouveau. Quand elle a rencontré Elvis, ils se sont un peu disputé l’autorité mais sont vite devenus inséparables. Ils ont le même âge. Avec le temps, il est devenu le chef du troupeau.

J’ai commencé à ne plus me retrouver dans les valeurs qu’on m’imposait dans mes postes en tant que commercial. J’ai donc décidé d’arrêter cette part de mes activités pour me concentrer sur l’enseignement et sur le coaching avec et sans le chevaux.

Le bouche à oreille a fonctionné pour mon activité de coach, mais j’ai dû me concentrer sur les priorités et accepté de ne pas être partout en même temps, je ne pouvais pas à la fois aménager la maison, enseigner et coacher.

C’est à ce moment-là qu’Elvis a eu une fourbure qui l’empêchait de marcher, c’est une inflammation du sang. J’ai compris qu’il était mon miroir car je souffrais d’un taux trop élevé de fer dans le sang qui m’empêchait d’être en forme. Je souffrais d’une addiction au sucre, surtout au coca, j’avais des problèmes dans mes relations avec mes parents et je me dispersais dans mes activités, au lieu de me centrer sur les priorités. Quand j’ai remis de l’ordre dans ma vie et que j’ai trouvé un nouvel équilibre, Elvis a commencé à guérir. Etonnamment, mon taux de fer dans le sang s’est régulé grâce à mes prises de conscience.

C’est aussi à ce moment que nous avons acheté Johnny notre américain. Au départ il a coaché avec moi et puis un client a été indélicat avec lui alors ma maman a préféré qu’il ne coach plus avec moi. Il le fait parfois a distance mais plus en piste avec le client.

Je n’avais pas encore précisé que j’enseignais en secondaire et en promotion sociale.

Lors d’une marche folklorique (la Madelaine) en région de Charleroi, ma maman a rencontré Flippy, une connexion s’est tout de suite établie entre eux, si bien qu’elle a voulu l’acheter. Nous avons appris plus tard que le marchand qui nous l’a vendu était un menteur et qu’il comptait le vendre à une boucherie. Il nous avait d’abord dit qu’il avait 17 ans, alors qu’il en avait 31. Je suis heureux de pouvoir lui offrir une retraite paisible, lui aussi coach à distance quand l’envie lui prend.

Les chevaux n’ont pas besoin d’être sur la piste pour aider mes clients avec leurs prises de conscience.

Plus récemment, c’est Tanka qui est arrivé dans nos vies pour coacher et être monté. Il a le même âge qu’Elvis et Molly. Il a du tout réapprendre car les personnes qui l’ont monté avant nous, ne partagent pas notre vision de la relation avec le cheval.

Travailler avec les chevaux et utiliser ma compréhension de l’humain pour l’aider à être plus épanoui est vraiment gratifiant. Je me sens aligné et serein dans ce nouveau chapitre de ma vie, malgré les limites de ma santé.


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